Economie-emploi

SAME 2010 au cœur des grandes évolutions de la microélectronique

Organisé par l'association SAME que préside Jacques-Olivier Piednoir, le Sophia Antipolis MicroElectronic Forum (aujourd'hui mercredi et demain jeudi au CICA) a pris pour thème les puces au service des économies et de la production d'énergie. Au cœur également du salon, les grandes évolutions d'un secteur qui entame une montée vers le logiciel et une interrogation de fond sur l'avenir de l'industrie microélectronique azuréenne.

La microélectronique repart après avoir touché un bas de cycle l'an dernier. Même si tous les analystes ne sont pas d'accord sur le niveau de croissance du secteur, tous s'accordent pour dire que par rapport à 2009, les ventes mondiales (et par ailleurs européennes) se trouvent en progression entre 30 et 40% environ. SAME 2010, le Sophia Antipolis MicroElectronic Forum, qui s'ouvre ce matin mercredi au CICA et se poursuit jusqu'à demain jeudi 7 octobre dans la technopole, bénéficie aussi d'un climat général plus favorable.

 

Les grandes évolutions de la microélectronique à prendre en compte

 

Cette 13ème édition d'un salon devenu l'un des rendez-vous européens les plus importants dans ce domaine a d'ailleurs fait le plein. Leaders industriels, start-ups et académiques seront présents sur stands, dans les keynotes, conférences, présentations, panels, tables rondes qui émailleront les deux journées, tandis que mille participants sont attendus. Il n'en reste pas moins que, même s'il y a reprise mondiale, la dernière crise a induit ou a fait émerger de profonds changements dans ce secteur et que la technopole n'est pas sûre de retrouver mathématiquement tout le chemin perdu dans l'orage.

 

Pour Jacques-Olivier Piednoir, président de l'association SAME et vice-président de la R&D de Cadence, la loi de Moore (la puissance des processeurs qui doublerait tous les 18 mois) est en passe de buter sur les limites de la physique, alors qu'actuellement des grands du secteur comme ST, travaillent sur le 20 nanomètres et que beaucoup pensent qu'il sera très difficile d'aller plus loin que le 12 nanomètres. Le silicon pur ne sera plus bientôt un facteur de différenciation, d'où une recherche de la valeur ajoutée dans le logiciel. C'est ce mouvement qui est observé à travers par exemple les derniers rachats de sociétés effectués par le géant Intel (Symantec et autres).

 

L'analyse que partagent les principaux acteurs de l'industrie microélectronique installés à Sophia-Antipolis, c'est que l’industrie des semi-conducteurs connaît actuellement une évolution majeure au travers de deux facteurs principaux :

  • une forte intégration qui entraîne une nouvelle prise en compte des couches systèmes par les acteurs de la microélectronique
  • le besoin induit de logiciels embarqués sur les plates-formes de silicium.

 

Stimuler l'éco-système autour de nouvelles plate-formes de semi-conducteurs

 

Ces éléments, combinés avec le rythme cyclique traditionnel de l'industrie des semi-conducteurs, conduisent à une restructuration importante et à des déplacements de compétences de base au sein des acteurs de cette industrie. Pour faire face à ces changements les acteurs azuréens de la microélectronique ont cherché à regrouper leurs forces au travers de projets collaboratifs pour aider à stimuler l'éco-système autour de nouvelles plates-formes de semi-conducteurs. Après "l'hécatombe" de 2009 et une relative stabilisation en 2010, ce mouvement collaboratif, ainsi qu'un déplacement vers les couches plus élevées des systèmes électroniques devrait permettre à la microélectronique azuréenne de repartir.

 

Autre élément également qui est au cœur même de ce SAME 2010 : la microélectronique au service des économies d'énergie ou de la production d'énergie. En vue là également, un "relais de croissance" pour l'industrie azuréenne de la microélectronique, relais qui se trouverait en liaison avec l'EcoVallée de Nice en gestation dans la plaine du Var.

 

+d'infos

Voir le programme de SAME 2010 sur le site www.same-conference.org

Le forum est organisé par l'association SAME avec le concours de la CCI Nice Côte d'Azur et le soutien de grands partenaires (collectivités territoriales, associations).

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