Economie-emploi

Nvidia rachète Icera et pose un pied à Sophia

Comme pour Intel qui est entré de plain-pied dans la technopole à travers le rachat de la division sans fil d'Infineon, Nvida, le spécialiste américain des cartes graphiques, arrive dans la technopole à travers l'acquisition d'Icera (367 millions de dollars). Un grand acteur de plus pour l'écosystème azuréen de la mobilité, sur fond de révolution informatique mobile fulgurante.

Comme Intel avait fait une entrée de plain-pied dans la technopole en rachetant Infineon, c'est par un rachat qu'une autre grande enseigne américaine arrive à Sophia Antipolis : Nvidia. Le fabricant américain de processeurs et de circuits graphiques embarqués, à travers le rachat de la start-up britannique Icera disposera désormais d'un centre de recherche et développement à Sophia (une soixantaine de personnes).

Un centre de R&D, qui travaille par ailleurs sur le même domaine de la mobilité que celui d'Infineon Technologique. Icera, en effet, est spécialiste des processeurs bande de base 3G et 4G. Et la start-up de Bristol, qui avait réussi une nouvelle levée d'environ 70 M€ à la fin des années 2000, avait annoncé fin 2009 sa volonté de créer à Sophia Antipolis son centre de R&D pour la technologie 4G/LTE.

Se renforcer sur les circuits pour mobiles et tablettes

Dans la révolution mobile en cours, la bataille, on le voit tous les jours, se joue désormais sur les smartphones et les tablettes qui ont assuré une formidable convergence avec le monde PC. Nvidia ne pouvait manquer de se lancer dans la course. Comme pour Intel, une question presque de survie dans le nouvel univers informatique qui émerge. Très connue pour ses cartes graphiques, la société a déjà marqué des points dans les mobiles avec ses Tegra et Tegra 2. Mais il lui manquait jusqu'alors une "brique technologique" : la partie bande de base que maîtrise bien notamment Qualcomm, un de ses concurrents avec les Snapdragon. Icera devrait ainsi lui permettre de se renforcer sensiblement dans les circuits pour mobiles et tablettes.

Fondé en 2002, Icera a été racheté pour un montant de 367 millions de dollars. Il faut dire que son développement a nécessité un apport de capitaux important. Il s'est fait grâce à la levée de 200 millions de dollars, ce qui lui a permis de mettre au point de multiples technologies 3G et 4G, notamment dans les transmissions haut débit. Pour l'heure, note le magazine spécialisé Electroniques, "son principal débouché commercial résidait dans les dongles USB 3G".

Nvidia veut devenir un acteur majeur de la révolution informatique mobile

"C'est une étape clé dans les projets de Nvidia visant à devenir un acteur majeur de la révolution informatique mobile," a déclaré dans le communiqué d'annonce Jen-Hsun Huang, le Pdg de Nvidia. "L'ajout de la technologie d'Icera à Tegra nous donne une plateforme exceptionnelle pour soutenir les meilleurs téléphones et tablettes du marché. Icera est un partenaire parfait pour Nvidia. Nos entreprises sont complémentaires. Icera a l'équipe appropriée, avec des résultats avérés solides. Et leur culture technogénique dynamique  reflète notre propre culture," a-t-il commenté.

Pour Sophia Antipolis, il est évidemment trop tôt de savoir ce que Nvidia fera, d'autant plus que, selon les formalités à accomplir, ce rachat ne sera pas totalement officialisé avant un mois. Mais l'arrivée d'une enseigne comme Nvidia, évidemment a de quoi réjouir la Côte high tech qui a su monter un remarquable écosystème autour de la 4G et des technologies de mobilité comme le sans contact, le Wifi basse consommation, bluetooth, le RFID.

Les grands chefs de file internationaux y ont installé un centre de Recherche & Développement ou monté des équipes : Cadence, Synopsys, ARM CSR, ST-Ericsson, Texas Instruments, Gemalto, Infineon, Intel, etc. sont là, avec leurs meilleurs ingénieurs. Nvidia ne peut que renforcer cet écosystème et permettre à la microélectronique azuréenne, éprouvée elle aussi par la crise en 2009, de retrouver toutes ses couleurs en bénéficiant en plein de cette nouvelle vague mobile.

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