Environnement, Transports

Gourdon, une forteresse très branchée

La commune haut-perchée est équipée d’une voiture électrique en libre-service… Et ce n’est que l’aspect le plus innovant d’un village qui joue à fond la carte du développement durable.

On dit de lui que c’est le "nid d’aigle" de la Côte d’Azur ou encore le balcon de la Méditerranée. Ce n’est pas faux, c’est même totalement vrai. L’ancienne forteresse élevée aux portes des Gorges du Loup porte un regard impérieux, depuis le ciel, sur la vallée, le Cap d’Antibes, le Fort-Carré et Cannes. Mais, soyons justes, d’autres méritent ces titres au vu de leur position…

Gourdon est pourtant unique au regard de son engagement en faveur du développement durable, des économies d’énergies fossiles, de la qualité de son environnement. Eric Mèle, maire et vice-président de la Communauté d’Agglomération Sophia Antipolis tempère : "Tout ceci n’est possible que parce que nous sommes un village de taille très modeste… "

Il n’empêche que depuis deux ans, le garde-champêtre fait ses "rondes" avec un vélo à assistance électrique, que les rues sont nettoyées avec un aspirateur électrique et que les services de la voirie sont équipés de deux véhicules – 6 quintaux de charge possibles – électriques…

Mais ce n’est pas tout. Ce serait encore trop commun… Eric Mèle a mis en service une voiturette électrique, évidemment, en libre-service. "La voiture partagée, c’est vraiment une innovation… " dit-il, fier de son véhicule – d’un coût global de 20.000 euros – conçu à Sophia Antipolis par trois sociétés "du cru", VuLog, Goélectrix et F2E.

"La voiture partagée, c’est vraiment une innovation… "

Le principe ? Simple. Chaque habitant du vieux village est destinataire d’une carte personnalisée qui permet de démarrer la voiture, localisable en permanence grâce à une puce de type GPS. L’utilisateur pourra ainsi laisser sa voiture personnelle sur les parkings autour de la ville – sous vidéosurveillance ! - et gagner son domicile intra-muros en voiture électrique qu’il laissera dans un espace réservé avec borne de rechargement.

"Le but, explique le maire, est de faire un village piéton, au moins l’après-midi, toute l’année, sans pénaliser les personnes âgées, ceux qui ont des courses à monter… " Mais la démarche environnementale ne s’arrête pas là. "C’est toute une logique qui se met en place", explique le vice-président de la CASA. "Par exemple, nous avons voulu compenser le surcoût de consommation électrique engendré par le fonctionnement des caméras et la recharge des batteries, en abaissant l’intensité de l’éclairage de la commune. Les lampes blanches de 125 sont devenues des lampes jaunes de 70… qui baisse encore d’intensité à partir de minuit. Et les habitants sont satisfaits car la lumière sur les vieilles pierres est plus belle… "

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