Culture

Festival international de jazz d’Antibes Juan-les-Pins

De nombreux évènements viendront émailler la célébration de ce 60e anniversaire, à commencer par l’amplitude des dates des concerts, qui se dérouleront cette année du 9 au 22 juillet pinède Gould.

« On devient jeune à 60 ans » Picasso

Doyen des festivals de jazz en Europe, le Festival international de jazz d’Antibes Juan-les-Pins s’apprête à célébrer son 60e anniversaire.
Depuis sa création, « Jazz à Juan » a présenté au fil des décennies tout le jazz, tous les jazz. Swing, be-bop ou post-be-bop, gospel ou roots, soul, funk ou rock, africain, européen ou américain, contemporain ou « New Orleans »... Les étiquettes swinguent, le public change, mais « Jazz à Juan » garde, plus que jamais, l’instinct viscéral de sa propre légende.

jeudi 9 juillet - 20:30
Maceo Parker

Saxophoniste adulé vingt-cinq ans durant au sein de l’orchestre de James Brown, happé par la nébuleuse P. Funk, du « Parliament » de George Clinton en passant par le « Rubber Band » de Bootsy Collins, Maceo Parker a désormais conquis ses galons de star en réussissant la merveilleuse alchimie entre les différents courants de la musique noire américaine. A l’avant-garde du « groove », il mixe toutes les tendances d’un jazz funky remontant aux sources du gospel et du blues, avec pour seul horizon la surchauffe des salles de concert. Une furieuse invitation à s’abandonner à la folie d’une musique incroyablement énergétique.

Les dictionnaires de jazz font remonter le funk au tout début du siècle (dernier) : un mélange de blues et de gospel, les racines mêmes du jazz avec cet aspect authentique, rustique. Maceo, lui, ne s’embarrasse pas de ces circonvolutions : « Quand vous jouez de la musique et que le public participe véritablement, a envie de danser, de frapper dans ses mains, alors là, lance-t-il en riant, c’est ce que j’appelle de la funky music ». Un funk jazz porté par les poumons d’acier d’un artiste d’exception qui revient jouer les « horny horns » avec son dernier opus, Life On Planet Groove - Revisited, devant le public juanais, accro, depuis son premier concert pinède Gould, à la fameuse « Maceo Touch ».

jeudi 9 juillet
Marcus Miller & guests

Auréolé de deux Grammy® Awards, mais aussi de l’« Edison Award for Lifetime Achievement in Jazz » et d’une « Victoire du Jazz » pour l’ensemble de sa carrière en France, Marcus Miller est non seulement le pionnier tout-terrain de la basse électrique et un multi-instrumentiste hors du commun, mais aussi un compositeur et un producteur doué d’un talent exceptionnel. Le mythique album Tutu, composé et produit pour Miles Davis, a scellé sa renommée mondiale alors qu’il n’avait que 25 ans. Depuis, ses nombreuses collaborations avec les plus grands (Miles Davis, Eric Clapton, George Benson, Aretha Franklin, Brian Ferry, Wayne Shorter, Herbie Hancock et Carlos Santana pour ne citer qu’eux) ont façonné son environnement musical.

A l’affiche de « Jazz à Juan » en 2009 avec Stanley Clarke et Victor Wooten, parrain de l’édition 2010 avec l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, de retour en 2011 pour un superbe Tribute to Miles, en 2013 avec Renaissance, puis en 2015, avec ses musiciens gnawa et un invité d'exception, Ibrahim Maalouf, Marcus Miller, depuis 1996 et sa première apparition dans la pinède, n’a cessé de surprendre, proposer et convaincre. De retour à Juan cette année, il a carte blanche à l’occasion de cette 60e édition pour une soirée qui promet de rester dans la légende de « Jazz à Juan », où se produiront, à n’en pas douter, moult « Very Special Guests ».

vendredi 10 juillet - 20:30
Joey Alexander Trio

Né à Bali le 25 juin 2003, Joey Alexander a découvert le jazz grâce à son père, qui lui a fait écouter les classiques du genre. A six ans, il commence à apprendre le piano en autodidacte avec le petit clavier électronique que ce dernier lui a offert. Il a huit ans lorsque l’UNESCO l’invite à jouer en solo devant un Herbie Hancock enthousiaste. Joey, plus tard, lui confiera : « Vous m’avez dit que vous croyiez en moi et depuis ce jour j’ai décidé de consacrer mon enfance au jazz ». Une invitation de Wynton Marsalis sera à l’origine de sa première apparition aux Etats-Unis, sur la scène du « Jazz at Lincoln Center ».

Un toucher aux mille nuances, d’une parfaite maîtrise rythmique, une jolie élégance dans les compositions et un impeccable don pour l’improvisation… 
Joey Alexander aborde les standards avec une approche revigorante, les fusionne avec ses propres compositions, révèle le cœur et l’âme, sensibles et sincères, de sa personnalité de musicien… A seulement 17 ans, il vient de sortir son 5e opus, Warna, sur le prestigieux label Verve. Un opus qui fait suite à quatre albums parus chez Motema Music et qui lui ont valu trois nominations aux Grammy Awards®, ainsi que les honneurs des magazines Downbeat et JazzTimes.

vendredi 10 juillet
Lincoln Center Jazz Orchestra with Wynton Marsalis

Depuis son passage au sein des mythiques « Jazz Messengers » d’Art Blakey, au tournant des années 1980, il n’a cessé de faire la Une de la presse, enthousiasmée (agacée aussi parfois) par ce brillantissime trompettiste « fashion » aux allures de premier de la classe. Compositeur fécond, leader charismatique, directeur artistique du département jazz du prestigieux « Lincoln Center », Wynton Marsalis occupe aujourd’hui une place à part dans le paysage jazzistique contemporain. Un fabuleux musicien qui a su, plus que tout autre, légitimer le jazz comme forme majeure de l’art étatsunien du XXe siècle.

Virtuose compositeur qui passe de la création d’un opéra jazz aux enregistrements des Concertos brandebourgeois de Bach, grand pédagogue à la tête du Jazz Lincoln Center, Docteur Honoris Causa de l’Université Jean Moulin - Lyon 3 pour son engagement pour l’éducation par la musique, chevalier de la Légion d’Honneur, Wynton Marsalis s’impose d’ores et déjà comme une figure historique du jazz de ces vingt dernières années, à l’aune d’un formidable enthousiasme jamais démenti : « Le Jazz, on le joue, on l’enseigne, on l’écrit, on le chante, on le présente, on le filme, on le produit, on l’archive, on l’enregistre, on le diffuse, on le célèbre, on l’aime et on le partage. » Tout est dit.

samedi 11 juillet - 20:30
The Soul Rebels

The Soul Rebels avancent toutes voiles dehors. Très remarqués au niveau national grâce notamment aux prestations avec Katy Perry et DMX, le groupe continue à faire croître sa portée à l’international, en tournée sur quatre continents. Leur présence explosive sur scène les a amenés à collaborer en live avec de nombreux artistes tels Macy Gray, Robert Glasper et Metallica parmi bien d’autres, et en première partie pour Lauryn Hill et Nile Rodgers.

The Soul Rebels se sont lancés à partir d'une idée – développer la musique pop qu’ils entendaient à la radio, mais dans le respect de la longue tradition des fanfares de la Nouvelle-Orléans au sein desquelles ils avaient grandi. Ils ont pris cette tradition et mélangé funk et soul avec des éléments de hip hop, de jazz et de rock, le tout dans le contexte d’une fanfare. Le groupe a construit sa carrière autour d’un concert éclectique live qui s’appuie sur le pouvoir des cuivres et de la batterie dans une ambiance profondément funky et festive. The Soul Rebels continuent à gagner du terrain à travers leurs apparitions dans de grands films et leurs tournées mondiales, en combinant l’excellence musicale à des chansons qui célèbrent la danse, la vie, le funk et le soul.

Leur album Poetry in Motion, sorti en automne 2019, a propulsé le groupe sur le devant de la scène. Il met en valeur le large éventail de genres musicaux et de collaborations extraordinaires qui ont fini par caractériser ce groupe, dont la musique ne cesse de changer.

samedi 11 juillet
The Roots

S’il est un groupe dont le nom s’inscrit en lettres d’or dans la légende du hip-hop et accompagne sa destinée depuis 1987, c’est bien le « crew » légendaire de « The Roots ». Autour des talents de ses deux fondateurs, Black Thought et Questlove, le band protéiforme philadelphien a su se différencier en proposant une musique en rupture avec le hip-hop, sans jamais pour autant prétendre (ni pouvoir) en être mis à l’écart. Les « Roots » ont su imposer un style dont le jazz est la plus grande et la plus reconnaissable des sources d’inspiration. Musicalement, le jazz y est syncopé, le rythme clairement séquencé pour imprimer le beat.

« The Roots » maîtrise tous les codes et connaît toutes les notes, enchaîne les sons sans transition avec une aisance incroyable. Il n'y a pas de frontière au groove de Black Thought, le rappeur du groupe, glissant avec virtuosité du grave à l'aigu, de concert avec les cuivres, la batterie et la guitare électrique. Une musique jouée en live et composée collectivement, avec un travail du sample inédit puisque ce sont leurs propres prises enregistrées en studio qui sont utilisées comme base musicale ». Ajoutez à cela la liste des artistes qui ont sollicité les services du groupe (Erykah Badu, Cody Chestnutt, Al Green, Jill Scott, Elvis Costello, D’Angelo…) et vous aurez compris qu’avec « The Roots », « Jazz à Juan » accueille la précellence.

dimanche 12 juillet - 20:30
Eric Legnini "Six Strings Under"

Elève de Richie Beirach, disciple de Herbie Hancock et de Phineas Newborn, le pianiste et producteur Eric Legnini est considéré comme l’un des chefs de file du jazz européen. Il a longtemps accompagné des musiciens de tous horizons, de Claude Nougaro à Ibrahim Maalouf, de Didier Lockwood à Yael Naim, talent qui a fait de lui l’un des artistes les plus recherchés de la scène musicale française. Découvert au sein du quintet de Stefano Di Battista, Eric Legnini développe tout au long de sa carrière un son jazz teinté de rythmes afro jazz, de soul et de funk.

Victoire du meilleur album jazz en 2011 avec The Vox, premier d’un beau triptyque consacré à la voix (Sing Twice, Waxx Up), Eric Legnini revient à une formule purement instrumentale avec Thomas Bramerie et Rocky Gresset. Un retour aux sources pour l’un des maîtres de l’art du trio, développant une musique en perpétuel mouvement générée par un groove obsédant et une technique redoutable. La guitare de Rocky Gresset, riche de l’écoute des maîtres du style manouche (Django en tête), mais aussi de Biréli Lagrène ou Pat Metheny, crée un univers tout à fait original. La contrebasse de Thomas Bramerie, qui a accompagné les plus grandes voix (Dee Dee Bridgewater, Milton Nascimento…) apporte une base solide, un son rond et subtil. Enfin, le clavier d’Eric Legnini, riche de ses expériences, garde toujours un lien évident avec la mélodie ; mélodie, chant, c’est un leitmotiv, son ADN musical. Le répertoire tout à fait unique du nouveau trio laisse augurer à Juan un concert empreint de lyrisme et bien sûr… de groove !

dimanche 12 juillet
Melody Gardot et l’orchestre philharmonique de Monte Carlo

« Une giboulée de classe intemporelle et de glamour mélancolique, qui a su toucher le cœur du grand public tout en continuant à faire battre celui des experts en mélomanie.» Alain De Repentigny - La Presse. On a tout dit de l’étonnant parcours de Melody Gardot, depuis le terrible accident qui l’a laissée à dix-neuf ans entre la vie et la mort, jusqu’à son étonnante résurrection dans laquelle la musique a joué un rôle thérapeutique majeur. Auteur compositeur et interprète, Melody Gardot impressionne par sa voix au grain et à la maturité peu commune, sophistiquée et profonde, enveloppante et réactive. En même temps, sa musique aux mélodies chatoyantes fouille l’intime discrètement.

S’inspirant avec élégance du swing des crooners historiques avec des textes poétiques composés avec soin, colorés d’accent blues et folk, elle trace un chemin de vie composé de chansons aux sophistications harmoniques subtiles, nimbées de volutes sensuelles intellectuellement imparables. Mais attention : la diva glamour sait aussi jouer avec son public, elle est drôle ! Femme fatale, elle l’est, et la scène est son tapis rouge : « Je suis comme chez moi quand je monte sur scène. J’adore que les gens puissent être dans un lieu clos avec un artiste et partager un moment avec lui ». D’autant qu’elle se produit, pour le 60e anniversaire, accompagnée par le superbe Orchestre Philharmonique de Monte Carlo.

lundi 13 juillet - 20:30
Lee Ritenour & Dave Grusin

Figure emblématique de la musique fusion californienne des années 70, soit un mélange d'électro et de jazz très rythmé avec des effets fulgurants, Lee Ritenour (alias « Captain Fingers » le bien nommé) a joué avec les plus grands et enregistré plus d'une quarantaine d'albums. Ce guitariste hors-normes compte à son actif plus de 3.000 séances d'enregistrements réalisés avec une palette d'artistes extrêmement divers : première séance à seize ans avec The Mamas and The Papas, puis Pink Floyd (l'album The Wall), Paul Simon & Art Garfunkel, Steely Dan, BB King, Bob Marley, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins, Frank Sinatra, Quincy Jones, Aretha Franklin, Steve Lukather...

Au cours des années 1970, déjà lauréat du référendum « Guitar Player » à deux reprises, Lee Ritenour, guitariste lumineux, pointu et inspiré, commence à enregistrer sous son nom, publiant de nombreux albums où s’affirme son style, influencé par Wes Montgomery, John McLaughlin et les musiques latines. Dans les années 1980, ses disques remportent de francs succès (un Grammy® pour son album Harlequin en 1985 et pas moins de dix-sept nominations durant sa prolifique carrière). Co-fondateur du groupe de smooth jazz « Fourplay », cet apôtre de la fusion jazz, rock, blues, funk (et même classique) se présente à Juan avec Dave Grusin. Compositeur de musiques de films (Les Trois Jours du condor,  Tootsie, Le Champion, La Maison du lac etc.), oscarisé en 1989 pour le film de Robert Redford Milagro, Grusin est aussi connu pour être un excellent claviériste de jazz. Durant leurs 40 ans d’amitié, tout en menant leur carrière respective, Lee et Dave ont enregistré trois albums et se sont vus nominer trois fois aux « Grammy Awards® ».

lundi 13 juillet
Gregory Porter

« La voix est la musique de l'âme ». S’il est un homme à qui cet aphorisme de Barbara sied comme un gant, c’est bien Gregory Porter, colosse quadra de près de deux mètres, « gentleman » en costume trois pièces et le cœur sur la main, toujours coiffé de son éternel « apple cap ». Après avoir attendu patiemment son heure de gloire sur les scènes de comédies musicales, il s’est imposé en quelques années à la force d’un timbre exceptionnel hérité de la tradition gospel, tout comme de l’écoute amoureuse de Nat King Cole. Wynton Marsalis est dithyrambique dans sa sobriété bien connue : « Un jeune chanteur fantastique ».

Chacun se souvient de sa superbe prestation l’été 2014 sur la scène de « Jazz à Juan » et de son duo inoubliable avec Stevie Wonder. Sa voix, évoquant tout autant les crooners mythiques que les grands interprètes de la soul (Marvin Gaye ou Donny Hathaway) est de celles qui ne s’oublient pas, remplissant l’espace, mais dialoguant tout aussi aisément avec les instruments qui l’accompagnent. D’autant que ce baryton tout en subtilité, doté d’un « Grammy Award® » en 2014 avec Liquid Spirit, est aussi un compositeur habile assumant magistralement la jonction entre jazz et soul et se révélant sur scène un remarquable showman, aussi sensible que généreux.

mardi 14 juillet - 20:30
Tom Peng New Grass Band

En partenariat avec JZ  FESTIVAL Shanghai

Ils ne sont jamais allés au Kentucky, ne possèdent pas de pick-up : ils viennent de la Mongolie intérieure. Tom Peng et Jerry Liu (« Tom et Jerry » puisque c’est ainsi qu’on les surnomme) ont suivi, avant de se rencontrer, des parcours musicaux bien différents, Tom Peng au violon classique et Jerry à la guitare rock. En 2002, suite à leur rencontre avec un groupe de country alternatif / bluegrass, l’évidence s’impose : « La musique mongole est un peu comme le bluegrass. De plus, si l’Amérique a des cow-boys, la Mongolie aussi ». C’est ainsi que l’aventure commence.

2012 voit la naissance du « Tom Peng New Grass Band » à Shanghai, un ensemble avec un son et une vision uniques. Bien qu'enracinée dans la tradition du bluegrass, leur musique brosse un tableau plus large et plus diversifié, se déplaçant harmonieusement entre bluegrass, jazz, musique mongole et musique folklorique traditionnelle chinoise, ainsi que des mélodies d'inspiration classique. L'ajout de saxophones, flûte, batterie et piano à l'instrumentation bluegrass traditionnelle donne au groupe un son frais et innovant. Leur instrumentation unique, leurs harmonies vocales riches et leur répertoire varié évoquent des Appalaches brumeuses, ou de vastes prairies mongoles. Une découverte !

mardi 14 juillet
Tom Oren Trio

En partenariat avec le RED SEA JAZZ FESTIVAL

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années ». L’aphorisme est connu, mais convient en tout point au pianiste Tom Oren, qui s’est vu consacrer, à 24 ans, lauréat du Concours international de piano 2018 « Thelonious Monk Institute of Jazz », la compétition la plus prestigieuse du genre, qui confère à l’heureux élu une célébrité immédiate dans le monde du jazz. Diplômé de la célèbre école « Thelma Yelling », où il dirigeait déjà un ensemble se produisant dans le monde entier, Tom Oren est également diplômé du conservatoire israélien. Il a ensuite étudié pendant deux ans à la « Rimon School of Jazz and Contempory Music » en Israël. En 2012, destination Boston où il fréquente le « Berklee College of Music » pendant quatre ans, avant de rejoindre le quartet d’Eli Degibri.

Un pianiste effervescent, sachant tracer des pistes mélodiques convaincantes, aux passages audacieux et aux interactions fougueuses, avec une délicatesse et un sens de l'improvisation remarquables. Toutes qualités que le public de « Jazz à Juan » avait pu discerner lors de sa prestation au sein du quartet d’Eli Degibri en 2019.

mardi 14 juillet
Vincent Peirani & Friends

Comme toutes les musiques populaires, le jazz est une musique de fortes personnalités. La reconnaissance internationale de l’accordéoniste Vincent Peirani repose sur cette qualité essentielle, fondamentale. Son charisme musical, son imaginaire hautement singulier, la conception de son art, fruits d’un parcours sans oeillères, frappent très tôt tous les esprits.
Après de brillantes études classiques (nombreuses récompenses internationales), sa plongée dans l’univers jazz se révèle en effet d’emblée marquée du sceau de la réussite jusqu’aux couronnements en 2014 et 2015 aux Victoires du jazz. Quel que soit le style, Vincent Peirani transforme tout ce qu’il touche en or : jazz bien sûr (outre ses propres projets, collaborations avec Daniel Humair, Michel Portal, entre autres), mais aussi chanson française (Sanseverino, Les Yeux Noirs), musiques de film (compositeur pour le film Barbara de Mathieu Amalric en 2017), etc. Et le public suit, car à chaque prestation il place ses auditeurs dans une situation où l’évidence musicale (reprises inventives de thèmes connus) se trouve équilibrée au bienheureux inattendu, le savant tutoyant toujours le populaire, ce qui est précisément l’art des grands.
Celui qui a renouvelé complètement le langage de l’accordéon depuis maintenant dix années est à présent un artiste incontournable, l’un de ceux dont la vision musicale cosmopolite et décomplexée, le sens inouï des croisements et des couleurs, lui permettent d’apporter cette touche magique si rare et si précieuse.
Emile Parisien : sax soprano
Tony Paeleman : fender rhodes
Julien Herné : basse
Yoann Serra : batterie
Marc Berthoumieux : accordéon
Daniel Mille : accordéon
Vincent Peirani : accordéon
Charles Pasi : voix
Harold Lopez Nussa : piano

mercredi 15 juillet - 19:00
Jazz en Fête / Jazz Celebration

Concerts dans les rues d’Antibes et de Juan-les-Pins.

En souvenir de la folle parade de Sidney Bechet, en 1959, les sons du Jazz se répandront et se répondront dans la cité.
Ainsi, fidèle à sa tradition Jazz à Juan présente, le 15 juillet, une dizaine de groupes qui joueront dans les rues et sur les places d’Antibes en début de soirée, de 19h à 20h puis à Juan-les-Pins, de 21h30 à 22h30.

jeudi 16 juillet - 20:30
Evan Wilson et Ashlee Simpson

Native de Waco, au Texas, Ashlee Nicole Simpson est ce que l’on appelle une artiste complète : actrice, chanteuse et auteure-compositrice-interprète, elle devient célèbre en 2004 grâce à «Pieces of me», tiré de son premier album : Autobiography, au succès planétaire. Après une tournée en Amérique du Nord et un film, Ashlee sort son deuxième album en 2005 (I Am Me), puis, en 2008, Bittersweet World, qui comprend le tube Outta My Head. En parallèle, elle obtient le rôle de Roxie Hart dans la comédie musicale Chicago à Broadway et au «Hollywood Bowl» de Los Angeles, mais aussi l’un des rôles principaux dans la série Melrose Place - Nouvelle Génération.

En 2014, elle épouse Evan, acteur et musicien comme elle, avec lequel elle forme le duo «Ashlee+Evan». Evan s’est déjà fait connaître du grand public en enregistrant les duos «Don’t Look at Me» et «All I Want» pour la série Star, et «How to Live Alone», qui voit l’apparition de sa maman, Diana Ross, dans le clip éponyme. Ashlee et Evan ont sorti en 2018  un premier single, «I Do», puis «Ashlee + Evan» (EP), avant d’effectuer une tournée à travers l’Amérique du Nord en janvier 2019.

jeudi 16 juillet
Diana Ross 2020 - LIVE IN CONCERT

Diana Ross est considérée comme l'une des artistes-interprètes ayant connu le plus grand succès de tous les temps.
Depuis sa carrière soliste devenue une référence jusqu'aux premiers jours en tant que leader du groupe The Supremes, Ross a aidé à façonner le son de la musique populaire en transformant le paysage et en ouvrant le chemin à la musique contemporaine.
Les réussites internationales de Ross ont été reconnues par le prestigieux Kennedy Center Honors à Washington DC (2007), qui a célébré sa brillante carrière d'excellence en musique, film, télévision et théâtre ainsi que ses influences culturelles, son travail humanitaire et ses contributions à la culture américaine. Le "National Academy of Recording Arts & Sciences" a célébré sa carrière remarquable à travers sa distinction la plus élevée, le GRAMMY® Lifetime Achievement Award en 2012. En 2016, Ross a reçu le Presidential Medal of Freedom, le prix civil le plus prestigieux donné à un citoyen des Etats Unis.

vendredi 17 juillet - 20:30
Joe Lovano US5

Le ténor des ténors ! Pas un hasard si Joe Lovano consacra en 2002 l’un de ses  albums majeurs,  Viva Caruso, au répertoire du mythique ténor Enrico Caruso. Sacré en 2019 « saxophoniste ténor de l’année » au fameux référendum des critiques du magazine américain DownBeat, il s’impose comme une figure du jazz contemporain, combinant une véritable souplesse rythmique avec une grande aisance harmonique et une sonorité très distinctive, qui passe par une maîtrise achevée de l’instrument. Une synthèse de l’histoire du saxophone ténor, une sorte de mémoire vive embrassant sans distinction tradition et avant-garde, sans jamais se défaire d’un lyrisme et d’un goût du chant auxquels ne sont pas étrangères ses racines italo-américaines.

Retracer la saga Lovano, c’est plonger dans la vie quotidienne d’un  jazzmen depuis un demi-siècle : son amitié de vingt ans avec Paul Motian et Bill Frisell pour l’un des  plus sublimes trios de l’histoire du jazz, le lien fraternel avec John Scofield, la consécration d’une longue série d’albums chez Blue Note,  jusqu’à sa toute nouvelle signature chez ECM, où il a récemment publié un album en leader et multiplié les collaborations fulgurantes, avec notamment le trompettiste italien Enrico Rava, ou encore à Juan l’été dernier, en invité « de luxe » de Diana Krall.

vendredi 17 juillet
Herbie Hancock

Quand Miles Davis débarque en Europe, en 1963, il a dans son nouveau quintet, aux côtés de George Coleman, Ron Carter et Tony Williams, un pianiste de vingt-trois ans, Herbie Hancock, dont l'évident talent s'accompagne d'un projet aussi prometteur que raisonné quant à l'avenir du jazz : « Il ne s'agit pas d'engager une compétition avec la musique classique, mais de bâtir une forme d'art qui n'ait rien à lui envier ». De fait, rares sont les artistes qui ont su explorer une palette musicale aussi large que cette légende vivante du jazz, mettant du free dans son jazz-rock, des paillettes dans son funk, de l’électronique dans son swing.

Tout comme Gershwin marquant de son sceau la musique de Broadway, Hollywood et l'opéra américain, Hancock a ouvert de nouveaux horizons au jazz en influençant les tendances de la musique « mainstream » et la fusion pop-funk. De son duo « acoustique » avec Chick Corea (1978) au « tube » électrique et électronique (Rock it -1983), en passant par les hommages à Miles Davis, les musiques de films (Blow-Up d'Antonioni, Autour de minuit de Bertrand Tavernier), il n’a cessé de distribuer en tous sens et sous toutes les formes, avec un rare bonheur, les fruits de sa précocité et de sa générosité musicale, alliant avec une apparente facilité un toucher délicat et un jeu rythmique phénoménal.

samedi 18 juillet - 20:30
Anne Paceo, Bright Shadows

Charlie Haden a dit d’elle : « Elle m’a immensément impressionné par son talent, sa musicalité et son dévouement à sa forme d’art. Son style personnel et un son très particulier font d’elle une musicienne unique ». Batteuse, chanteuse, compositrice, voyageuse, éclectique, hyperactive, affranchie, bienveillante, authentique, Anne Paceo vient de décrocher sa troisième récompense (révélation instrumentale en 2016, artiste de l’année en 2011 et 2019) aux « Victoires du jazz ». A ses capacités musicales (précision des timbres, art de sculpter un jeu contrasté précis et délié, écoute intense de ses partenaires), cette batteuse phénoménale ajoute de réelles qualités de compositrice.

Anne Pacéo aime à se promener à travers les genres, chevaucher les cases dans lesquelles on voudrait la cantonner, pour produire une musique universelle, ouverte à l’infini d’horizons qu’elle semble scruter derrière ses jolies lunettes rondes : « Je pense que le jazz n’a pas besoin d’être dépoussiéré car il a toujours été métissé et en évolution. Mon inspiration me vient de toutes les musiques que j’aime, qui me parlent et qui me touchent, de la pop à l’electro, en passant par des rythmes d’Afrique de l’ouest, de Birmanie... Cela m’étonne toujours de voir à quel point les musiques du monde entier sont riches ». Cette passion l’a amenée à jouer dans plus de 41 pays sur les cinq continents, ou encore à publier six disques en leader, dont récemment Bright Shadows, salué par une critique unanime.

samedi 18 juillet
Ibrahim Maalouf

« Victoire du Jazz » en 2010 à Juan (catégorie « Révélation Instrumentale »), « Victoire de la Musique » en 2014 (catégorie « Musiques du Monde »), puis en 2017 (concert de l'année), Ibrahim Maalouf ne cesse de transcender les genres avec un égal bonheur, entrelaçant tonalités et rythmes, soulignant les connivences insoupçonnables entre différents styles musicaux, édifiant un univers sonore original et autonome à partir des fondamentaux de la musique savante européenne et du jazz d’avant-garde, enrichi par la sollicitation permanente d’une palette de rythmes et de couleurs qui relèvent autant du patrimoine oriental, latino ou balkanique que du rock le plus tellurique.

« Des nuits de braises de la salsa cubaine à celles du heavy-metal, de l’aurore bleuie par une trompette à la Miles Davis à la vertigineuse improvisation sur du Michael Jackson, tout finit par révéler sa cohérence, par souligner la maîtrise du compositeur casse-cou jamais dépassé par son audace » (Francis Dordor). Peu de trompettistes sont aussi productifs que lui. Après avoir présenté en 2018 à Juan son formidable projet Queen of Sheba, aux côtés d’Agélique Kidjo et de l’Orchestre de Cannes Provence Alpes Côte d’Azur, il revient cette année avec un nouvel opus baptisé S3NS. Des cuivres chauffés à blanc, des percussions énergiques, une rythmique taillée dans le roc pour une musique métissée, fraîche, nostalgique, qui rend hommage à la culture latine et à la musique afro-cubaine.

dimanche 19 juillet - 20:30
Amadou & Mariam & Blind Boys of Alabama

Ils partagent des origines communes, que leurs différences culturelles renforcent et complètent. Les premiers forment un duo légendaire et sont devenus l’un des emblèmes de Bamako, contribuant au rayonnement international du Mali. Les seconds composent un illustre groupe du gospel américain (5 Grammy Awards® & 30 albums à leur actif), né dans les années 40 et ayant collaboré avec un nombre impressionnant d'artistes de diverses allégeances stylistiques (Lou Reed, Tom Waits, Ben Harper, Prince, Lou Reed ou encore Peter Gabriel...)

« Victoire de la musique » en 2005 pour l’album Dimanche à Bamako (produit par Manu Chao), puis en 2013 pour l'album Folila, Amadou et Mariam se sont unis aux « Blind Boys of Alabama » pour proposer de très belles harmonies vocales et un funky-afro-blues percutant, mélangeant musique traditionnelle malienne, guitares rock, violon syrien, harmonica et harmonies vocales. Français, anglais, bambara (majoritairement parlée au Mali) : les langues se lient avec finesse From Bamako to Birmingham, quand la musique combine à merveille sonorités africaines contemporaines et racines musicales afro-américaines, opérant une fusion très réussie entre l’afro-pop d’Amadou & Mariam et les vétérans gospel des « Blind Boys of Alabama », dans un subtil brassage culturel.

Comme chaque année, selon la tradition initiée en 1965 par « Jazz à Juan », ce concert Gospel sera précédé, durant la première demi-heure, d’une célébration œcuménique.

mercredi 22 juillet - 20:30
Dominique Fils-Aimé

« La voix de Dominique Fils-Aimé est cash, sans artifice, et du coup, ça nous évite les spéculations quand au nombre des influences que l’on est capable de déceler à l’écoute d’une chanteuse qui s’attaque à un genre noble, en l’occurrence la soul. Par noble, j’entends les musiques qui ont un potentiel de durée au-delà de la nostalgie qu’elles suscitent, à savoir, des musiques savantes qui nécessitent des références, une initiation, la transmission d’un savoir, et aussi de l’audace pour prétendre créer à partir d’un terreau ancien une œuvre d’aujourd’hui ». Ainsi parle André Manoukian, évoquant l'auteure et chanteuse Dominique Fils-Aimé.

De Dominique Fils-Aimé, on sait peu de choses, et c’est la vocation de « Jazz à Juan » de faire découvrir des artistes de sa trempe. Inspirée par les icônes jazz-soul des années 40 à 60, telles que Billie Holiday, Etta James ou Nina Simone, cette artiste de Montréal, d’origine haïtienne, propose avec sa voix suave un cocktail exaltant de musiques afro-américaines, enrichies par un groove lumineux, sublimant son appel à la révolution par des arrangements riches en harmonies vocales et une musique libre aux productions intemporelles. Dernier opus : Stay Tuned!, Felix « Album Jazz de l'année » au gala de l'ADISQ 2019.

mercredi 22 juillet
Lionel Richie - HELLO TOUR 2020

Plus de 100 millions d'albums vendus, 22 titres classés dans le « Top Ten », quatre « Grammy® Awards », un « Oscar », un « Golden Globe » et une kyrielle de mégatubes qui ont submergé l’univers... Incroyable carrière que celle de Lionel Richie, débutée voici plus de 40 ans avec les « Commodores ». En 1980, il commence une carrière solo, écrit et produit pour Kenny Rogers (Lady), ou encore Diana Ross (Endless Love). La suite, c’est l’histoire d’une véritable saga, abracadabrant chapelet de perles musicales qui ont accompagné la vie de plusieurs générations. Il faut dire que ce n’est pas le répertoire qui manque, de Dancing On the Ceiling, Say You, Say Me, Easy à Hello, All Night Long. Sans oublier le fameux We Are the World, co-écrit avec Michael Jackson.

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